L'EAU ET LES RÊVES


2017-2019


J'ai regroupé dans la section L'eau et les rêves, les séries Dérive et Apocalypse silencieuse qui caractérisent un calme temporaire dans ma pratique picturale. L'eau et la forêt sont toujours présents, mais aussi dans quelques-uns des tableaux, il y a cette ambiance en suspend, évanescente et particulière, comme si nous étions dans un état de rêve. Pour la série Dérive, la lecture d’auteurs japonais tels que Junichirō Tanizaki, Osamu Dazai et Yasunari Kawabata m'a amené à travailler un sujet paisible : sur un lac, deux jeunes filles dans un canot s’apprêtent à quitter la rive. J'ai cherché à explorer une vision hors du temps et une beauté éphémère où la perception des choses et du monde se limite à un instant précis. Entre l’apparition et l’effacement, un univers cyclique et ambigu s’est développé par la répétition et les exercices de styles. Des couleurs vives, d’étranges profondeurs et une lumière vacillante apparaissent comme le vertige d’un monde en suspens. Cette période fut également une manière de revisiter une peinture du passé — je pense à Edvard Munch, Henri Matisse, Balthus, Giorgio Morandi et Jean-Paul Lemieux.





  Dérive n° 1. 2017. Huile sur lin. 203 x 127 cm
  Collection particulière





  Dérive n° 2. 2017. Huile sur lin. 203 x 127 cm
  Collection particulière





  Dérive n° 5. 2017. Huile sur lin. 203 x 127 cm




  Dérive n° 6. 2017. Huile sur lin. 203 x 127 cm




  Dérive n° 7. 2017. Huile sur lin. 203 x 127 cm
  Collection particulière (SB)





  Dérive n° 8. 2017. Huile sur lin. 203 x 127 cm
  Collection particulière (SB)





  Dérive n° 9. 2017. Huile sur lin. 203 x 127 cm
  Collection particulière





2019


Quant à la série Apocalypse silencieuse, elle forme des univers denses, en surcharge, jalonnés de ruines, d’ombres et de mystères. L'« Apocalypse » est ici exploré comme un sentiment intérieur et non comme une fin du monde. Pascal Quignard, dans son essai « La nuit sexuelle », nous dit que le mot « Apocalypse » signifie en grec retirer l'objet de sa cachette. C'est une sorte de révélation, quelque chose qui émerge de l'obscurité. Parfois, la peinture possède cette temporalité particulière qui permet de détourner le regard et la pensée en dehors du monde. Elle devient en quelque sorte un médium hors-système, qui se tient loin des machines. Il existe un moment dans l’exécution, un état particulier de la conscience, où il n’y a plus aucune hésitation. Cet état, c’est en quelque sorte ne plus savoir ce qui est en train d’être créé. C’est une force qui transcende l’action et la nécessité de peindre.





  Apocalypse silencieuse n° 2. 2019. Huile sur lin. 167,5 x 223,5 cm (66 x 88 pouces)




  Apocalypse silencieuse n° 5. 2019. Huile sur lin. 167,5 x 223,5 cm (66 x 88 pouces)




  Apocalypse silencieuse n° 6. 2019. Huile sur lin. 167,5 x 223,5 cm (66 x 88 pouces)




  Apocalypse silencieuse n° 8. 2019. Huile sur lin. 167,5 x 223,5 cm (66 x 88 pouces)




  Apocalypse silencieuse n° 10. 2019. Huile sur lin. 167,5 x 223,5 cm (66 x 88 pouces). Collection particulière (SB)




  Apocalypse silencieuse n° 11. 2019. Huile sur lin. 167,5 x 223,5 cm (66 x 88 pouces)