Intérieur n° 1, 2021.
  Huile sur lin, 121 x 172 cm






RECHERCHES


La peinture est un espace paradoxal qui se compose à travers des temps superposés, compressés et absorbés sur une même surface. La surface peinte n’a pas de séparation, d’écart ou de subdivision, seulement des milieux spécifiques — des interzones psychiques, limitrophes et transitionnelles à chacune des actions à travers lesquelles elle s’accomplit. L'espace pictural agit comme un réceptacle de relations et de déplacements à l’intérieur duquel nous pouvons sentir des arrière-fonds, des arrière-plans, des arrière-pensées — un déclin et un devenir du visible à la fois intrusif, extensif et intensif. La peinture tend vers un en deçà et un au-delà de la limite, agissant ex-terminis dans des « espaces-aveugles » et dissimulés, faisant sortir en fraude des scènes appartenant à l’ordre du caché. La profondeur de la frontière entre le visible et le non-visible s'achève de façon à donner l'impression qu'il y a autre chose derrière elle, et même, à entrevoir ce qu'elle cache. Au plus profond de la limite, là où rien n’est encore visible, il semble avoir des failles et des ouvertures qui favorisent l'accès à de nouveaux types d'informations.